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Le krach de 1929 et la Grande Dépression : L'effondrement qui changea le capitalisme

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Le krach de 1929 et la Grande Dépression : L’effondrement qui changea le capitalisme

Le jour où l’économie mondiale s’effondra et où tout changea.


Introduction : Le jeudi noir qui ébranla le monde

Le 24 octobre 1929, un jeudi qui restera dans l’histoire sous le nom de “Jeudi noir”, la bourse de New York s’effondra. En une seule journée, 12,9 millions d’actions furent vendues, faisant chuter les cours de manière spectaculaire. Ce krach boursier marqua le début de la Grande Dépression, la pire crise économique du XXe siècle, qui plongea le monde dans une récession sans précédent.

Entre 1929 et 1939, la production industrielle chuta de 50% aux États-Unis, le chômage explosa (atteignant 25% de la population active américaine), et des millions de personnes perdirent leurs économies, leurs emplois et leurs espoirs. La crise ne se limita pas aux États-Unis : elle se propagea dans le monde entier, touchant l’Europe, l’Amérique latine et même l’Asie.

Le krach de 1929 et la Grande Dépression qui s’ensuivit ne furent pas seulement une catastrophe économique. Ce fut aussi un tournant historique qui transformait profondément les politiques économiques, les systèmes sociaux et le rôle de l’État dans la société.


Contexte historique : Les Années folles et leurs excès

L’essor économique des années 1920

Les années 1920, souvent appelées “les Années folles” (ou “Roaring Twenties” aux États-Unis), furent une période de prospérité économique sans précédent :

Aux États-Unis :

  • La production industrielle explosa : les usines produisaient des biens de consommation en masse (automobiles, électroménager, etc.).
  • Henry Ford révolutionna l’industrie automobile avec son modèle T et le travail à la chaîne.
  • Le crédit à la consommation se généralisa : les Américains achetaient à crédit des voitures, des radios et des appareils électriques.
  • Wall Street, la bourse de New York, devint le symbole de cette prospérité, avec des cours boursiers qui montaient sans cesse.

En Europe :

  • L’Allemagne connut une brève période de reprise après l’hyperinflation de 1923, grâce aux prêts américains (plan Dawes, 1924).
  • La France et le Royaume-Uni reconstruisaient après la Première Guerre mondiale.
  • Cependant, l’endettement des pays européens envers les États-Unis était considérable.

Les signes avant-coureurs de la crise

Malgré cette apparente prospérité, plusieurs signes de fragilité étaient visibles :

1. La spéculation boursière :

  • Les cours des actions étaient déconnectés de la réalité économique : le rapport prix/bénéfices des actions était passé de 10 en 1920 à 32 en 1929.
  • De nombreux investisseurs achetaient des actions à crédit (en empruntant jusqu’à 90% de leur valeur), une pratique appelée “achat à la marge”.
  • Les “pool” de spéculateurs manipulaient les cours pour faire monter artificiellement les prix.

2. La surproduction industrielle :

  • Les usines produisaient trop de biens par rapport à la demande réelle.
  • Les stocks s’accumulaient, mais les salaires ne suivaient pas la hausse de la productivité.
  • Le secteur agricole était en crise : les prix des produits agricoles chutaient en raison de la surproduction.

3. Les inégalités sociales croissantes :

  • 60% des Américains vivaient sous le seuil de pauvreté.
  • 1% des Américains détenaient 34% des richesses du pays.
  • Les salaires des ouvriers stagnaient, tandis que les profits des entreprises explosaient.

4. La fragilité du système bancaire :

  • Les banques prêtaient massivement pour des investissements spéculatifs.
  • Il n’existait aucune assurance sur les dépôts bancaires : si une banque faisait faillite, les épargnants perdeaient tout.
  • Les réserves des banques étaient insuffisantes pour faire face à une crise de liquidités.

Le rôle de la Réserve fédérale

La Réserve fédérale américaine (la banque centrale des États-Unis, créée en 1913) joua un rôle décisif dans la crise :

  • 1928-1929 : La Fed relève ses taux d’intérêt pour lutter contre l’inflation, ce qui réduit la masse monétaire et aggrave la récession.
  • Octobre 1929 : La Fed ne réagit pas assez vite pour injecter des liquidités dans le système bancaire.
  • 1930-1931 : La Fed laisser faire les faillites bancaires sans intervenir massivement, aggravant la crise.

Le tournant : Le krach de 1929 et ses conséquences

La chronologie du krach

DateÉvénement
12 septembre 1929Le cours des actions atteint son plus haut niveau historique (Dow Jones à 381,17 points).
18 septembre 1929Premier krach mineur : le marché baisse de 10%.
21 octobre 1929Lundi noir : 6 millions d’actions vendues, perte de 11% pour le Dow Jones.
24 octobre 1929Jeudi noir : 12,9 millions d’actions vendues (record absolu), chute de 22% en une journée.
28 octobre 1929Mardi noir : 16,4 millions d’actions vendues, chute de 12%.
29 octobre 1929Les marchés touchent le fond : le Dow Jones a perdu 40% de sa valeur depuis septembre.

L’effondrement de l’économie réelle

Le krach boursier ne fut que le début. La vraie catastrophe fut l’effondrement de l’économie réelle :

1. La crise bancaire (1930-1933) :

  • 600 banques firent faillite en 1929.
  • 1 352 banques firent faillite en 1930.
  • 2 294 banques firent faillite en 1931 (le pic).
  • Au total, plus de 9 000 banques disparurent entre 1929 et 1933, détruisant les économies de millions d’Américains.

2. L’effondrement de la production :

  • Entre 1929 et 1933, la production industrielle américaine chuta de 50%.|
  • Le PIB américain chuta de 30%.|
  • Le chômage explosa : de 3% en 1929 à 25% en 1933 (soit 13 millions de chômeurs).|

3. La déflation :

  • Les prix chutèrent de 10% par an entre 1930 et 1933.
  • Les salaires baissèrent de 42%.|
  • Les fermiers furent particulièrement touchés : les prix des produits agricoles chutèrent de 60%.|

La propagation mondiale de la crise

La crise américaine se propagea rapidement dans le monde entier :

1. L’Europe :

  • 1930 : L’Allemagne, qui dépendait des prêts américains, fit faillite.
  • 1931 : Le Royaume-Uni abandonna l’étalon-or, provoquant une crise monétaire.
  • 1931 : La Banque austro-hongroise Kreditanstalt fit faillite, déclenchant une crise bancaire en Europe centrale.
  • 1932 : La France, jusqu’alors résistante, entra en récession.

2. L’Amérique latine :

  • Les exportations de matières premières (café, sucre, cuivre) s’effondrèrent.
  • Le Brésil et l’Argentine connurent des crises économiques graves.

3. L’Asie :

  • Le Japon, qui exportait vers les États-Unis, entra en récession.
  • L’Inde, sous domination britannique, souffrit de la chute des prix des produits agricoles.

Impact immédiat : La souffrance humaine et sociale

Le chômage et la pauvreté

La Grande Dépression plongea des millions de personnes dans la misère :

  • Aux États-Unis : 13 millions de chômeurs (25% de la population active).
  • En Allemagne : 6 millions de chômeurs (30% de la population active).
  • En Royaume-Uni : 2,5 millions de chômeurs (15% de la population active).
  • En France : 1 million de chômeurs officiels (mais probablement le double en réalité).

Les soupes populaires se multiplièrent pour nourrir les affamés. Des bidonvilles (comme les “Hoovervilles” aux États-Unis, nommés en référence au président Herbert Hoover) apparurent aux abords des villes.

Les conséquences sociales

1. L’exode rural :

  • Des millions de fermiers ruinés quittèrent leurs terres pour chercher du travail en ville.
  • La Californie attira des milliers de migrants (comme les personnages de “Les Raisins de la colère” de John Steinbeck).

2. La hausse de la criminalité :

  • Le vol et le banditisme augmentèrent de manière spectaculaire.
  • Des gangs (comme ceux d’Al Capone) prospérèrent dans le crime organisé.

3. La santé mentale :

  • Le suicide augmenta de manière dramatique.
  • Des hôpitaux psychiatriques furent submergés.

Les réactions politiques

1. Aux États-Unis :

  • Herbert Hoover (président de 1929 à 1933) ne prit pas de mesures suffisantes pour lutter contre la crise, ce qui aggrava la situation.
  • Franklin D. Roosevelt (élu en 1932) lança le New Deal, un vaste programme de relance économique.

2. En Europe :

  • En Allemagne, la crise économique contribua à la montée du nazisme : le chômage massif et l’hyperinflation créèrent un terreau favorable pour Hitler.
  • En Royaume-Uni, le gouvernement quitta l’étalon-or et dévalua la livre sterling.
  • En France, le gouvernement tenta de maintenir l’étalon-or, mais dut finalement dévaluer le franc en 1936.

Conséquences à long terme : Un monde transformé

La fin du laissez-faire économique

La Grande Dépression enterra définitivement l’idée du laissez-faire économique (la croyance que les marchés pouvaient s’autoréguler sans intervention de l’État). À sa place émergèrent de nouvelles théories économiques :

1. Le keynésianisme :

  • John Maynard Keynes (économiste britannique) révolutionna la pensée économique avec son livre “Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie” (1936).
  • Selon Keynes, l’État devait intervenir dans l’économie pour stimuler la demande et lutter contre le chômage.
  • Ses idées inspirèrent le New Deal de Roosevelt et les politiques économiques des États modernes.

2. Le New Deal (1933-1939) : Le New Deal de Roosevelt fut un ensemble de mesures économiques et sociales pour relancer l’économie américaine :

MesureDescriptionImpact
CCC (Civilian Conservation Corps)Emploi de jeunes hommes pour des travaux publicsRéduction du chômage
PWA (Public Works Administration)Construction d’infrastructures (routes, ponts, écoles)Création d’emplois
TVA (Tennessee Valley Authority)Développement économique de la vallée du TennesseeModernisation des campagnes
Social Security Act (1935)Création de la Sécurité sociale (retraites, chômage)Protection sociale
Glass-Steagall Act (1933)Séparation des banques de dépôt et des banques d’investissementPrévention des crises bancaires
FDIC (Federal Deposit Insurance Corporation)Assurance des dépôts bancairesRestauration de la confiance
Agricultural Adjustment ActAides aux agriculteursSoutien au secteur agricole
National Labor Relations ActDroit syndical renforcéProtection des travailleurs

3. La régulation des marchés financiers :

  • La Securities and Exchange Commission (SEC) fut créée en 1934 pour réguler la bourse et éviter les excès de spéculation.
  • Les rules de transparence financière furent renforcées.
  • Le délit d’initié (insider trading) fut interdit.

La montée des extrêmes politiques

La Grande Dépression créa un terreau favorable pour les mouvements extrémistes :

1. En Allemagne :

  • Le chômage massif et l’humiliation du traité de Versailles favorisèrent la montée d’Adolf Hitler et du parti nazi (NSDAP).
  • En 1933, Hitler fut nommé chancelier, puis instaura une dictature.
  • Le New Deal américain contrastait avec le régime nazi allemand, montrant deux réponses radicalement différentes à la crise.

2. Dans d’autres pays :

  • En Espagne, la crise économique contribua à la guerre civile espagnole (1936-1939).
  • En Italie, le régime fasciste de Mussolini se renforça.
  • En Japon, les militaires prirent le pouvoir et lancèrent une politique d’expansionnisme.

La redéfinition du rôle de l’État

La Grande Dépression changea profondément le rôle de l’État dans la société :

1. L’État-providence :

  • Avant 1929, l’État avait un rôle limité dans l’économie et la protection sociale.
  • Après 1929, l’État devint un acteur majeur dans la régulation de l’économie et la protection des citoyens.
  • La Sécurité sociale, les allocations chômage et les retraites devinrent des droits fondamentaux.

2. La politique monétaire :

  • Les banques centrales (comme la Réserve fédérale) devinrent des acteurs clés dans la régulation de l’économie.
  • Les États quittèrent l’étalon-or pour contrôler leur politique monétaire.

3. La planification économique :

  • Les gouvernements intervinrent de manière plus active dans l’économie (subventions, investissements publics, etc.).
  • La politique de relance (inspirée par Keynes) devint un outil standard.

L’impact sur les relations internationales

La Grande Dépression ébrana le système économique international :

  • La fin de l’étalon-or : La plupart des pays abandonnèrent l’étalon-or, ce qui déstabilisa les échanges internationaux.
  • Le protectionnisme : Les pays relevèrent leurs barrières douanières pour protéger leurs économies, ce qui aggrava la crise du commerce mondial.
  • L’isolement économique : Les pays se replièrent sur eux-mêmes, réduisant les échanges internationaux.

Débat historique : Quelles furent les causes principales du krach ?

La spéculation boursière

Pour certains historiens, comme John Kenneth Galbraith (“La Crise économique de 1929”), le krach fut principalement causé par :

  • La spéculation excessive sur les actions.
  • L’achat à crédit (à la marge) qui amplifia la bulle.
  • L’aveuglement des investisseurs qui croyaient que les cours ne pouvaient que monter.

Les déséquilibres économiques

D’autres, comme Charles Kindleberger, font valoir que le krach fut causé par des déséquilibres structurels :

  • La surproduction dans l’industrie et l’agriculture.
  • La sous-consommation : les salaires ne suivaient pas la hausse de la productivité.
  • Les inégalités croissantes qui réduisaient la demande globale.

Le rôle de la Réserve fédérale

Des économistes comme Milton Friedman et Anna Schwartz (“A Monetary History of the United States”) soutiennent que :

  • La politique monétaire trop restrictive de la Fed aggrava la crise.
  • Le manque de liquidités dans le système bancaire transforma une récession en dépression.
  • L’absence de sauvetage des banques aggrava la crise de confiance.

Une crise systémique

La plupart des historiens s’accordent aujourd’hui pour dire que le krach de 1929 et la Grande Dépression furent causés par une combinaison de facteurs :

  • Spéculation boursière
  • Déséquilibres économiques (surproduction, inégalités)
  • Erreurs de politique monétaire (Fed)
  • Fragilité du système bancaire
  • Propagation internationale (via l’étalon-or)

Conclusion : La crise qui changea le capitalisme

Le krach de 1929 et la Grande Dépression qui s’ensuivit furent bien plus qu’une crise économique : ce fut un tournant historique qui transformait profondément les sociétés, les politiques économiques et le rôle de l’État.

Avant 1929, le capitalisme était largement non régulé, et l’État avait un rôle limité dans l’économie. Après 1929, le capitalisme devint régulé, et l’État devint un acteur majeur dans la protection sociale et la régulation économique.

Les leçons de la Grande Dépression façonnent encore aujourd’hui nos politiques économiques :

  • L’État a un rôle à jouer dans la régulation de l’économie.
  • Les marchés financiers doivent être régulés pour éviter les excès de spéculation.
  • La protection sociale est essentielle pour protéger les citoyens contre les crises économiques.
  • La coopération internationale est nécessaire pour éviter les crises économiques mondiales.

Comme le disait John Maynard Keynes :

« Le difficulté ne réside pas dans les idées nouvelles, mais dans l’échappatoire aux idées anciennes, qui, chez les hommes qui se sont formés comme nous l’avons fait, ramifient, pour des jours, des années, peut-être pour toute leur vie, dans chaque recoin de leur esprit. »

Et c’est cette rupture avec les idées anciennes qui fut la grande leçon de la Grande Dépression.


Figures clés

NomRôleImportance
Herbert HooverPrésident des États-Unis (1929-1933)Inaction face à la crise
Franklin D. RooseveltPrésident des États-Unis (1933-1945)Architecte du New Deal
John Maynard KeynesÉconomiste britanniquePère du keynésianisme
Henry FordIndustriel américainSymbole de la prospérité des années 1920
Andrew MellonSecrétaire au Trésor sous HooverPolitique économique controversée
Ben BernankePrésident de la Réserve fédérale (2006-2014)Étudia la Grande Dépression
Adolf HitlerChancelier allemand (1933-1945)Profita de la crise pour prendre le pouvoir

Chronologie des événements

DateÉvénement
1921-1922Première récession post-Première Guerre mondiale
1924-1929Période de prospérité économique (“Années folles”)
12 septembre 1929Pic historique du Dow Jones (381,17 points)
24 octobre 1929Jeudi noir : Krach boursier à Wall Street
29 octobre 1929Mardi noir : Effondrement complet des marchés
1930Début de la crise bancaire aux États-Unis
1930Tarif Smoot-Hawley : Relèvement des droits de douane américains
1931Faillite de la banque Kreditanstalt en Autriche
1931Le Royaume-Uni quitte l’étalon-or
1932Élection de Franklin D. Roosevelt aux États-Unis
1933Roosevelt lance le New Deal
1933Hitler est nommé chancelier en Allemagne
1933Création de la SEC (Securities and Exchange Commission)
1935Social Security Act : Création de la Sécurité sociale
1936Publication de “Théorie générale” de Keynes
1939Début de la Seconde Guerre mondiale : fin de la Grande Dépression

Sources et lectures complémentaires

Sources primaires

  • Discours de Franklin D. Roosevelt - New Deal et politique économique
  • Archives de la Réserve fédérale - Documents sur la politique monétaire
  • Rapports du Congrès américain - Enquêtes sur le krach de 1929
  • Articles de journaux de l’époque - Témoignages sur la crise
  • Mémoires de banquiers et d’hommes d’affaires - Récits de première main

Sources secondaires

  • John Kenneth Galbraith, La Crise économique de 1929 (1954) - Analyse classique du krach
  • Charles Kindleberger, The World in Depression, 1929-1939 (1973) - Étude internationale de la crise
  • Milton Friedman et Anna Schwartz, A Monetary History of the United States, 1867-1960 (1963) - Analyse monétaire
  • Robert Skidelsky, John Maynard Keynes: 1883-1946 (2003) - Biographie de Keynes
  • Amity Shlaes, The Forgotten Man: A New History of the Great Depression (2007) - Analyse critique du New Deal
  • Barry Eichengreen, Golden Fetters: The Gold Standard and the Great Depression, 1919-1939 (1992) - Rôle de l’étalon-or
  • Ben Bernanke, Essays on the Great Depression (2000) - Perspectives modernes
  • John A. Garraty, The Great Depression (1986) - Synthèse accessible

Ressources en ligne


“La seule chose à craindre, c’est la peur elle-même.”Franklin D. Roosevelt (Discours d’investiture, 1933)

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