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L'assassinat de Jules César : Les Ides de Mars et la mort de la République

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L'assassinat de Jules César : Les Ides de Mars et la mort de la République
Vincenzo Camuccini - Wikimedia Commons (Domaine Public)

L’assassinat de Jules César : Les Ides de Mars et la mort de la République

Le meurtre qui a changé le cours de l’histoire romaine à jamais.


Introduction : Les derniers jours d’un dictateur

Dans la matinée du 15 mars 44 av. J.-C., Gaïus Julius Caesar, l’homme le plus puissant de Rome, se préparait pour une autre journée de gouvernement de son vaste empire. En tant que Dictateur Perpetuo (Dictateur à vie), César avait atteint un pouvoir et un prestige sans précédent. Il avait conquis la Gaule, franchi le Rubicon, vaincu ses ennemis politiques et réformé l’État romain. Pourtant, sous la surface de son triomphe, une conspiration se tramait.

César avait été averti. Le devin Spurinna lui avait conseillé de se méfier des Ides de Mars. Sa femme Calpurnia avait rêvé de sa mort et l’avait supplié de ne pas assister à la réunion du Sénat ce jour-là. Mais César, toujours confiant en son destin et méprisant la superstition, y est allé quand même. “Les Ides de Mars sont arrivées”, plaisanta-t-il avec Spurinna en entrant dans le Théâtre de Pompée où le Sénat était convoqué. “Mais pas encore parties”, répondit Spurinna de manière sinistre.

Ce qui suivit fut l’un des assassinats les plus célèbres de l’histoire. Alors que César prenait place, un groupe de sénateurs, mené par Marcus Junius Brutus et Gaius Cassius Longinus, l’entoura et le poignarda à mort. Selon l’historien romain Suétone, César fut poignardé 23 fois. Ses derniers mots, si l’on en croit la version dramatique de Shakespeare, furent “Et tu, Brute ?” (“Toi aussi, Brutus ?”).

Les Ides de Mars, comme on l’appela, fut bien plus qu’un simple meurtre. Ce fut le glas de la République romaine et le catalyseur de la montée de l’Empire romain.


Contexte historique : L’ascension de César au pouvoir

Les débuts de la carrière de Jules César

Gaïus Julius Caesar naquit le 12 ou 13 juillet 100 av. J.-C. au sein du prestigieux clan Julien, qui retraçait sa lignée jusqu’au prince troyen légendaire Énée et, par lui, à la déesse Vénus. Dès son plus jeune âge, César fit preuve d’ambition, d’intelligence et de charisme. Il se distigua pendant la Guerre sociale, puis lors de la campagne contre Mithridate VI du Pont.

La carrière politique de César suivit le parcours traditionnel romain, le “cursus honorum”. Il servit comme questeur, édile, et pontife maximum (grand prêtre) avant d’être élu préteur en 62 av. J.-C. Cependant, c’est son consulat en 59 av. J.-C. qui marqua un tournant dans sa carrière et dans la politique romaine.

Le Premier Triumvirat

En 60 av. J.-C., César forma une alliance politique connue sous le nom de Premier Triumvirat avec deux des hommes les plus puissants de Rome : Gnaeus Pompeius Magnus (Pompée), un brillant commandant militaire, et Marcus Licinius Crassus, l’homme le plus riche de Rome. Cette alliance informelle permit à César de contourner les structures de pouvoir traditionnelles du Sénat et de poursuivre ses ambitions.

Avec le soutien de Pompée et Crassus, César fut élu consul en 59 av. J.-C. Pendant son consulat, il fit adopter des réformes agraires pour bénéficier à ses vétérans et aux pauvres, une mesure qui lui valut l’affection des plébéiens mais qui irrita le Sénat conservateur.

Après son consulat, César fut nommé gouverneur de la Gaule cisalpine et transalpine (la France et la Belgique modernes). Ce commandement, initialement prévu pour cinq ans, donnerait à César l’opportunité de construire sa réputation militaire et d’accumuler richesse et loyauté de la part de ses soldats.

Les guerres des Gaules

De 58 à 50 av. J.-C., César mena les guerres des Gaules, une série de campagnes militaires qui le rendraient célèbre dans tout le monde romain. Les Commentaires de César sur la guerre des Gaules (Commentarii de Bello Gallico) fournissent un compte rendu de première main de ces campagnes, qui aboutirent à la conquête des Gaules et à l’expansion du territoire de Rome jusqu’au fleuve Rhin et à la Manche.

Les victoires de César en Gaule lui apportèrent une richesse immense, une popularité considérable et la loyauté de ses légions. Son armée, dont la légendaire Legio X, lui était farouchement dévouée. Cette loyauté personnelle s’avérerait cruciale dans les guerres civiles qui suivraient.

Cependant, le pouvoir croissant de César et sa popularité alarmèrent ses ennemis politiques à Rome, en particulier la faction conservatrice du Sénat, menée par Caton le Jeune. Ils virent en César une menace pour la République et ses traditions.

Le franchissement du Rubicon

Alors que le commandement de César en Gaule touchait à sa fin, le Sénat, poussé par Pompée, ordonna à César de licencié son armée et de retourner à Rome en tant que simple citoyen. Cela aurait laissé César vulnérable aux poursuites pour ses actions pendant son consulat, lorsqu’il avait violé la loi romaine pour faire adopter ses réformes.

Le 10 janvier 49 av. J.-C., César prit une décision fatidique. Il franchit le fleuve Rubicon, la frontière entre sa province et l’Italie proprement dite, avec ses légions. Selon Suétone, en le franchissant, il cita le dramaturge grec Ménandre : “Alea iacta est” (“Le sort en est jeté”). Cet acte était un défi direct à l’autorité du Sénat et marqua le début de la guerre civile.


Le tournant : La conspiration contre César

Les craintes du Sénat

En 44 av. J.-C., César avait accumulé un pouvoir et des honneurs sans précédent. Il était Dictateur à vie, Pontife maximum, Imperator et Pater Patriae (Père de la Patrie). Il avait le pouvoir de nommer des magistrats, de contrôler le trésor et de commander les armées. Le Sénat, qui avait autrefois été le principal organe de gouvernement de la République, avait été réduit à un simple cachet pour les décisions de César.

Le pouvoir de César et son ambition apparente de devenir roi alarmèrent de nombreux sénateurs. La République romaine avait été fondée sur le principe d’empêcher un seul homme d’accumuler trop de pouvoir. Le souvenir des Tarquins, les derniers rois de Rome qui avaient été renversés en 509 av. J.-C., était encore vivant dans l’esprit romain.

De plus, le comportement de César semblait confirmer les craintes de ses ennemis. Il portait la toge pourpre d’un roi, siégeait sur un trône doré au Sénat et se laissait vénérer comme un dieu. Il avait fait placer sa statue dans le temple de Quirinus, aux côtés de celles des anciens rois de Rome. Pour de nombreux sénateurs, il semblait que César avait l’intention de se faire roi.

Les conspirateurs

La conspiration contre César était menée par Marcus Junius Brutus et Gaius Cassius Longinus. Brutus était une figure particulièrement intéressante. Il était un parent de César (certaines sources suggèrent qu’il était le fils illégitime de César) et avait été un ami proche et un partisan. César avait même confié à Brutus des commandements importants pendant les guerres civiles.

Cassius, en revanche, était un opposant plus direct de César. Il avait combattu contre César pendant les guerres civiles et était un défenseur intransigeant de la République et de ses traditions. C’est Cassius qui fut la force motrice de la conspiration, mais c’est l’implication de Brutus qui lui donna un poids moral. Comme l’a écrit l’historien romain Plutarque, “La conspiration gagna en force et en dignité grâce à la réputation de Brutus.”

La conspiration comptait environ 60 sénateurs, un mélange d’ennemis personnels de César et de républicains convaincus qui croyaient que la mort de César était nécessaire pour sauver la République. Ils se réunissaient secrètement chez Cassius et chez Marcus Porcius Caton (Caton le Jeune), où ils planifiaient l’assassinat.

Les Ides de Mars

Les conspirateurs décidèrent de frapper le 15 mars 44 av. J.-C., les Ides de Mars, pendant une réunion du Sénat au Théâtre de Pompée. Ils choisirent cette date car César assisterait à la réunion du Sénat, et ils auraient l’opportunité de le frapper.

Le matin des Ides, César fut averti du complot. Le devin Spurinna lui dit de se méfier des Ides de Mars. Sa femme Calpurnia avait fait un cauchemar dans lequel elle voyait César être assassiné, et elle le supplia de ne pas aller au Sénat. Decimus Junius Brutus Albinus, l’un des conspirateurs et un homme en qui César avait confiance, accompagna même César au Sénat, dissipant ses soupçons.

Alors que César entrait dans le Théâtre de Pompée, les conspirateurs se rassemblèrent autour de lui. Selon Plutarque, alors que César prenait place, Tillius Cimber s’approcha de lui avec une pétition. Lorsque César refusât, Cimber attrapa la toge de César, la tirant de ses épaules. Ce fut le signal de l’attaque.

Casca porta le premier coup, poignardant César à la gorge. Les autres conspirateurs se joignirent alors, chacun frappant César de leur dague. César, en voyant Brutus parmi les conspirateurs, aurait prononcé les célèbres paroles “Kai su, teknon ?” (“Toi aussi, mon fils ?”) en grec, que Shakespeare rendrait plus tard par “Et tu, Brute ?” dans sa pièce Jules César.

César tomba aux pieds de la statue de Pompée, l’homme qu’il avait vaincu lors de la guerre civile. Il mourut de ses blessures, après avoir été poignardé 23 fois. Selon Suétone, les médecins qui examinèrent le corps de César déterminèrent que seule une blessure, la deuxième qu’il avait reçue dans la poitrine, était mortelle.


Impact immédiat : Chaos et guerre civile

Les suites de l’assassinat

L’assassinat de César envoya des ondes de choc à travers Rome. Les conspirateurs, croyant avoir sauvé la République, fuirent vers le Capitole, où ils proclamèrent la liberté et la restauration de la République. Cependant, leurs espoirs furent rapidement anéantis.

Le peuple romain, plutôt que de se réjouir de la mort d’un tyran potentiel, fut horrifié par le meurtre de leur chef bien-aimé. César avait été un champion des plébéiens, le peuple commun de Rome, et ils pleurèrent profondément sa mort. De plus, beaucoup des vétérans de César, qui avaient bénéficié de ses réformes agraires et qui lui devaient leur loyauté, furent mis en rage par son meurtre.

Marc Antoine, la main droite de César et Maître de la Cavalerie, prit les devants. Il prit possession des papiers et des fonds de César et se prépara à venger sa mort. Pendant ce temps, le neveu et fils adoptif de César, Gaïus Octavius (plus tard connu sous le nom d’Octave ou Auguste), âgé de 18 ans, était à Apollonie (dans l’actuelle Albanie), où il étudiait et suivait une formation militaire.

Le discours funéraire d’Antoine

Le 20 mars 44 av. J.-C., le corps de César fut incinéré dans le Forum romain. Marc Antoine prononce un discours funéraire qui resterait dans l’histoire comme l’une des pièces de rhétorique politique les plus efficaces jamais prononcées. Selon Plutarque, Antoine exhiba la toge tachée de sang de César et lut le testament de César, dans lequel il léguait une somme substantielle à chaque citoyen romain.

Le discours d’Antoine enflamma les passions du peuple romain. Ils construisirent un bûcher funéraire pour César dans le Forum et, selon certains récits, essayèrent même d’incinérer son corps dans le temple de Jupiter Capitolin. Le peuple se retourna alors contre les conspirateurs, les forçant à fuir Rome. Brutus et Cassius s’enfuirent vers l’Est, où ils commencèrent à rassembler des forces pour résister au triumvirat qui se formerait bientôt pour venger la mort de César.

Le Deuxième Triumvirat

À la suite de l’assassinat de César, un vide de pouvoir émergea à Rome. Marc Antoine, le général vétéran de César Marcus Aemilius Lepidus, et le jeune Octave formèrent le Deuxième Triumvirat pour traquer les assassins de César et rétablir l’ordre dans la République.

Le Deuxième Triumvirat fut officiellement établi en 43 av. J.-C. avec l’adoption de la Lex Titia, qui accordait aux triumvirs des pouvoirs extraordinaires pour une période de cinq ans. Leur premier acte fut de proscrire leurs ennemis, une liste qui comprenait non seulement Brutus et Cassius, mais aussi de nombreux autres sénateurs et citoyens riches. Des milliers furent exécutés, et leurs biens furent confisqués.

Les Philippiques et la guerre contre les Libérateurs

Cicéron, le grand orateur et homme d’État romain, soutint initialement le Deuxième Triumvirat, croyant qu’il rétablirait l’ordre dans la République. Cependant, alors que le pouvoir et l’ambition d’Antoine grandissaient, Cicéron devint désillusionné. Il commença à prononcer une série de discours, connus sous le nom de Philippiques (d’après les discours de l’orateur grec Démosthène contre Philippe II de Macédoine), dans lesquels il attaquait Antoine et louait Octave.

Pendant ce temps, Brutus et Cassius avaient rassemblé une armée substantial dans l’Est. Ils contrôlaient les provinces de Macédoine et de Syrie et avaient le soutien de nombreux rois clients de l’Est. En 42 av. J.-C., les triumvirs marchèrent contre Brutus et Cassius, et les deux côtés se rencontrèrent à la bataille de Philippes en Macédoine.

La bataille de Philippes

La bataille de Philippes, livrée les 3 et 23 octobre 42 av. J.-C., fut l’acte final du drame qui avait commencé avec l’assassinat de César. Les forces du Deuxième Triumvirat, menées par Marc Antoine et Octave, affrontèrent les armées de Brutus et Cassius.

La bataille fut âprement disputée. Le premier jour, Antoine vainquit les forces de Cassius, mais Octave fut vaincu par Brutus. Cassius, croyant que tout était perdu, se suicida. Le deuxième jour, Brutus, en infériorité numérique et surpassé, se suicida également en tombant sur son propre épée avec l’aide de son serviteur.

Avec la mort de Brutus et Cassius, les derniers défenseurs de la République avaient disparu. Le Deuxième Triumvirat était victorieux, et la voie était libre pour la montée de l’Empire romain.


Conséquences à long terme : La naissance de l’Empire

La fin de la République

L’assassinat de Jules César et les guerres civiles qui suivirent marquèrent la fin de la République romaine. La République, qui avait duré près de 500 ans, ne put survivre aux luttes de pouvoir et aux ambitions de ses hommes dirigeants.

Les institutions de la République - le Sénat, les assemblées populaires, les magistratures - avaient été conçues pour une cité-État, et non pour un vaste empire. La concentration du pouvoir entre les mains de quelques hommes, la professionnalisation de l’armée, et la croissance du territoire et de la population de Rome avaient créé des tensions que le système républicain ne put gérer.

La mort de la République ne fut pas seulement le résultat de l’ambition de César ou des actions des conspirateurs. Ce fut l’aboutissement d’un long processus de changement politique et social qui durait depuis des décennies, sinon des siècles.

La montée d’Octave

À la suite de la bataille de Philippes, le Deuxième Triumvirat commença à se désintégrer. Marc Antoine, qui avait pris le contrôle des provinces de l’Est, commença à agir de plus en plus indépendamment. Il forma une alliance avec Cléopâtre, la reine d’Égypte, et commença à se comporter comme un roi à la manière orientale.

Octave, pendant ce temps, consolida son pouvoir dans l’Ouest. Il vainquit les forces de Sextus Pompée, le fils de Pompée le Grand, qui opérait comme pirate en Méditerranée, et établit son contrôle sur l’Italie et les provinces de l’Ouest.

En 32 av. J.-C., la guerre éclata entre Octave et Antoine. La bataille finale eut lieu à Actium en 31 av. J.-C., où la flotte d’Octave, commandée par son amiral Marcus Vipsanius Agrippa, vainquit les forces combinées d’Antoine et Cléopâtre. L’année suivante, les forces d’Octave poursuivirent Antoine et Cléopâtre en Égypte, où ils se suicidèrent tous les deux.

L’ère d’Auguste

Avec la mort d’Antoine et Cléopâtre, Octave fut le seul dirigeant du monde romain. En 27 av. J.-C., le Sénat lui accorda le titre d’Auguste, un titre qui le désignait comme le premier et le plus éminent citoyen de Rome. Cet événement est traditionnellement considéré comme le début de l’Empire romain.

En tant qu’Auguste, Octave régna sur Rome pendant plus de 40 ans, de 27 av. J.-C. à 14 ap. J.-C. Il établit le Principat, un système de gouvernement dans lequel il détenait beaucoup des magistratures et titres traditionnels de la République, ainsi que des pouvoirs extraordinaires accordés par le Sénat et le peuple.

Le règne d’Auguste apporta paix et stabilité au monde romain. Il établit la Pax Romana, une période de paix et de prospérité relatives qui durerait plus de deux siècles. Il réforma l’armée, le système fiscal et l’administration des provinces. IlEntreprit également un vaste programme de construction, transformant Rome d’une ville de briques en une ville de marbre.


Débat historique : César était-il un tyran ou un réformateur ?

Le cas contre César

Les ennemis de César, anciens et modernes, l’ont dépeint comme un tyran qui cherchait à détruire la République et à se faire roi. Ils pointent son accumulation de pouvoir - sa dictature à vie, son contrôle du Sénat, son adoption d’honneurs divins - comme preuve de ses ambitions tyranniques.

Cicéron, qui avait initialement soutenu César mais qui devint plus tard l’un de ses critiques les plus vocaux, écrivit que César “désirait être roi, ce que le peuple romain, habitué à la liberté, ne pouvait tolérer”. Les conspirateurs qui assassinèrent César croyaient qu’ils défendait la République et ses traditions contre un tyran potentiel.

Les historiens modernes ont également critiqué les actions de César. Certains ont soutenu que son franchissement du Rubicon et la guerre civile qui s’ensuivit furent illégaux et inconstitutionnels, et que son accumulation de pouvoir fut un défi direct au système républicain.

Le cas pour César

Cependant, les partisans de César, anciens et modernes, ont brossé un tableau différent. Ils soutiennent que César était un réformateur qui cherchait à résoudre les problèmes de la République et à améliorer la vie du peuple romain.

Les réformes agraires de César ont bénéficié à des dizaines de milliers de Romains pauvres et à ses vétérans. Sa réforme du calendrier a apporté de l’ordre à l’année romaine. Ses programmes de colonisation ont fourni des terres et des opportunités aux pauvres de Rome. Son élargissement du Sénat comprit des représentants de tout le monde romain, et pas seulement des vieilles familles aristocratiques.

L’homme derrière le mythe

La vérité, comme c’est souvent le cas, se situe probablement quelque part entre les deux. César n’était ni un tyran pur ni un réformateur pur. C’était une figure complexe, motivée par l’ambition, l’intelligence et un désir authentique d’améliorer l’État romain.

Les propres écrits de César, en particulier ses Commentaires sur la guerre des Gaules, révèlent un homme qui était un maître de la propagande et de l’autopromotion. Il se présentait comme un défenseur de la République et un champion du peuple romain, même alors qu’il accumulait un pouvoir sans précédent.

En fin de compte, l’assassinat de César et les événements qui suivirent démontrèrent les limites du système républicain et les défis de la gouvernance d’un vaste empire. La République romaine, qui avait été conçue pour une cité-État, ne put s’adapter aux réalités de la gouvernance impériale.


Conclusion : L’assassinat qui a changé l’histoire

L’assassinat de Jules César le 15 mars 44 av. J.-C. fut l’un des événements les plus significatifs de l’histoire du monde occidental. Il marqua la fin de la République romaine et le début de l’Empire romain. Il prépara le terrain pour la montée d’Octave en tant qu’Auguste, le premier Empereur romain, et l’établissement du Principat.

La mort de César fut bien plus qu’un simple meurtre. Ce fut l’aboutissement d’un long processus de changement politique et social qui était en cours à Rome depuis des décennies. La République, qui avait été fondée sur le principe d’empêcher un seul homme d’accumuler trop de pouvoir, ne put survivre aux ambitions de ses hommes dirigeants et aux défis de la gouvernance d’un vaste empire.

Les Ides de Mars démontrèrent également le pouvoir de la personnalité dans l’histoire. L’ambition, l’intelligence et le charisme de César avaient fait de lui l’homme le plus puissant de Rome. Sa mort, et les guerres civiles qui suivirent, montrèrent comment les actions d’un seul individu pouvaient façonner le cours de l’histoire.

De plus, la vie et la mort de César ont eu un impact durable sur la pensée et la culture occidentales. Son nom est devenu synonyme d’ambition et de pouvoir. Les Ides de Mars sont entrées dans la conscience populaire comme un symbole d’intrigues politiques et des dangers du pouvoir non contrôlé. Et l’histoire de son assassinat, avec ses thèmes de trahison, d’ambition et de lutte pour le pouvoir, continue de captiver et d’inspirer.

En fin de compte, l’assassinat de Jules César fut un tournant dans l’histoire de Rome et du monde occidental. Il marqua la fin d’une ère et le début d’une autre. Il démontra la fragilité des institutions républicaines face aux ambitions impériales. Et il servit de rappel que le cours de l’histoire peut changer grâce aux actions d’un seul homme en un seul jour.

Comme le Rappelle Shakespeare dans Jules César : “La faute, cher Brutus, n’est pas dans nos étoiles, mais en nous-mêmes, que nous sommes des sous-hommes.” L’assassinat de Jules César ne fut pas seulement un produit des étoiles ou du destin. Ce fut le produit des ambitions, des peurs et des actions des hommes et des femmes de Rome, et il façonnerait le cours de l’histoire pendant des siècles à venir.


Figures clés

NomRôleNationalité
Gaïus Julius CaesarDictateur de Rome, assassiné aux Ides de MarsRomain
Marcus Junius BrutusSénateur, chef de la conspiration contre CésarRomain
Gaius Cassius LonginusSénateur, instigateur principal de la conspirationRomain
Marc AntoineLieutenant de César, membre du Deuxième TriumviratRomain
Gaïus Octavius (Octave/Auguste)Fils adoptif de César, premier Empereur romainRomain
Marcus Aemilius LepidusMembre du Deuxième TriumviratRomain
CicéronOrateur, homme d’État, opposant d’AntoineRomain
Decimus Junius Brutus AlbinusConspirateur, ancien partisan de CésarRomain
Cassius de ParmeConspirateur, poèteRomain
CléopâtreReine d’Égypte, amante de CésarÉgyptienne (Ptolémaïque)

Chronologie des événements

DateÉvénement
100 av. J.-C.Naissance de Gaïus Julius Caesar
75 av. J.-C.César capturé par des pirates, rançonné
63 av. J.-C.César élu Pontife Maximum
60 av. J.-C.Formation du Premier Triumvirat (César, Pompée, Crassus)
59 av. J.-C.César élu Consul
58-50 av. J.-C.Guerres des Gaules de César
49 av. J.-C.César franchit le Rubicon, début de la guerre civile
48 av. J.-C.Bataille de Pharsale, César vainc Pompée
47 av. J.-C.César en Égypte, rencontre Cléopâtre
46 av. J.-C.César nommé Dictateur pour dix ans
45 av. J.-C.César vainc les fils de Pompée en Espagne
44 av. J.-C., févrierCésar nommé Dictateur Perpetuo (Dictateur à vie)
44 av. J.-C., 15 marsLes Ides de Mars, César assassiné
44 av. J.-C., 20 marsFunérailles de César, discours d’Antoine
43 av. J.-C.Formation du Deuxième Triumvirat (Octave, Antoine, Lépide)
42 av. J.-C., 3 et 23 octobreBataille de Philippes, Brutus et Cassius se suicident
40-32 av. J.-C.Guerre entre Octave et Antoine/Cléopâtre
31 av. J.-C., 2 septembreBataille d’Actium, Octave vainc Antoine et Cléopâtre
30 av. J.-C.Suicide d’Antoine et Cléopâtre
27 av. J.-C.Octave devient Auguste, début de l’Empire romain

Sources et lectures complémentaires

Sources primaires

  • Suétone, Vie des douze Césars - Biographies des douze premiers Empereurs romains, y compris Jules César
  • Plutarque, Vies parallèles - Biographies de Grecs et de Romains célèbres, y compris César, Brutus et Antoine
  • César, Commentaires sur la guerre des Gaules - Récit de César sur ses campagnes en Gaule
  • Cicéron, Lettres et Discours - Comptes rendus contemporains de la politique romaine, y compris les Philippiques contre Antoine
  • Appien, Les guerres civiles - Histoire des guerres civiles romaines, y compris l’assassinat de César
  • Dion Cassius, Histoire romaine - Récit ultérieur de l’histoire romaine, y compris l’ère de César

Sources secondaires

  • Adrian Goldsworthy, César : Vie d’un colosse (2006) - Biographie complète de Jules César
  • Tom Holland, Rubicon : Les dernières années de la République romaine (2003) - Récit dramatique de la chute de la République
  • Ronald Syme, La Révolution romaine (1939) - Étude classique de la chute de la République et de l’ascension d’Auguste
  • Erich S. Gruen, La dernière génération de la République romaine (1974) - Analyse des dernières décennies de la République
  • Miriam Griffin, L’Assassinat de Jules César (2009) - Étude de la conspiration et de ses conséquences
  • Barry Strauss, La Mort de César (2015) - Récit détaillé de l’assassinat et de son contexte

Ressources en ligne

À lire ensuite