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La guerre de Cent Ans (1337-1453) : Le conflit qui façonna la France et l'Angleterre

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La guerre de Cent Ans (1337-1453) : Le conflit qui façonna la France et l’Angleterre

La longue lutte qui forgea deux nations.


Introduction : Un conflit qui dura plus d’un siècle

La guerre de Cent Ans (1337-1453) ne dura pas exactement 100 ans, mais 116 ans (avec des périodes de trêves). Ce conflit marqua profondément l’histoire de la France et de l’Angleterre, façonnant leur identité nationale, leur système politique et leur relation complexe.

À l’origine, il s’agissait d’une guerre féodale pour la succession au trône de France. Mais au fil des décennies, elle deviendra un conflit national entre deux pays en formation, opposant le royaume de France (en pleine construction monarchique) à l’Angleterre Plantagenêt (qui revendiquait aussi la couronne de France).

Comme l’écrivit l’historien Georges Duby :

« La guerre de Cent Ans fut le creuset dans lequel se forgèrent les nations française et anglaise. »


Contexte historique : Les origines du conflit

La question de la succession de France

Le conflit trouva son origine dans une crise dynastique :

  • 1314-1328 : Mort des trois fils de Philippe IV le Bel sans héritier mâle direct.
  • 1328 : Philippe VI de Valois (cousin de Philippe IV) devint roi de France, fondant la dynastie des Valois.
  • Édouard III d’Angleterre (petit-fils de Philippe IV par sa mère Isabelle de France) contesta cette succession, estimant avoir plus de droits sur le trône de France.

Les tensions féodales entre la France et l’Angleterre

L’Angleterre des Plantagenêts était un empire féodal :

  • Les rois d’Angleterre possédaient de vastes territoires en France (notamment l’Aquitaine, héritage d’Aliénor d’Aquitaine).
  • Ils étaient vassaux du roi de France pour ces terres, mais refusaient de lui rendre hommage.

Les causes de la tension :

  1. Le refus d’hommage : Édouard III refusa de rendre hommage à Philippe VI pour l’Aquitaine.
  2. Le soutien aux Flamands : L’Angleterre soutint les villes flamandes (comme Gand et Bruges) dans leur révolte contre la France.
  3. La rivalité économique : La laine anglaise et le vin français étaient en concurrence.

La situation en 1337

En 1337, la situation était la suivante :

  • En France : Philippe VI (roi depuis 1328) renforçait le pouvoir royal mais devait faire face à des révoltes (comme celle des Flamands).
  • En Angleterre : Édouard III (roi depuis 1327) cherchait à étendre son influence et à affaiblir la France.
  • En Flandre : Les villes flamandes (riches grâce au commerce de la laine) soutenaient l’Angleterre contre la France.

Le tournant : Le début de la guerre (1337-1340)

La déclaration de guerre (1337)

1337 : Édouard III se proclama “roi de France et d’Angleterre” et déclara la guerre à Philippe VI.

Les premières années (1337-1340) :

  • 1339 : Bataille de l’Écluse : La flotte française fut écrasée par les Anglais, assurant à l’Angleterre la maîtrise de la Manche.
  • 1340 : Siège de Tournai : Édouard III pritcha la ville mais ne put la prendre.
  • 24 juin 1340 : Bataille de l’Écluse (navale) : Victoire anglaise décisive.

La bataille de Crécy (26 août 1346)

Contexte :

  • 1346 : Édouard III débarqua en Normandie et ravagea le pays (stratégie de la “chevauchée” : détruire les campagnes pour affaiblir l’ennemi).
  • Philippe VI le suivit avec une armée beaucoup plus nombreuse.

La bataille :

  • Lieu : Crécy-en-Ponthieu (Picardie).
  • Forces en présence :
    • Anglais : 10 000 à 15 000 hommes (dont 5 000 archers gallois).
    • Français : 20 000 à 30 000 hommes (chevaliers lourdement armés).
  • Stratégie anglaise : Édouard III utilisa des positions défensives et fit creuser des tranchées pour protéger ses archers.
  • Tactique française : Les chevaliers français chargèrent en désordre, sans coordination.
  • Résultat : Victoire anglaise écrasante.
    • 1 500 à 2 000 Français tués (dont 1 100 chevaliers).
    • Peu de pertes anglaises (environ 300 hommes).

Conséquences :

  • La chevalerie française fut décimée (perte d’une génération de nobles).
  • L’Angleterre confirma sa supériorité militaire grâce à l’arc long (longbow).
  • Philippe VI perdit en prestige.

Les grandes phases de la guerre

Première phase : Les victoires anglaises (1337-1360)

1346-1356 : Règne d’Édouard III :

  • 1346 : Bataille de Crécy (victoire anglaise).
  • 1347 : Prise de Calais (qui resterait anglaise jusqu’en 1558).
  • 1356 : Bataille de Poitiers :
    • 19 septembre 1356 : Le Prince Noir (fils d’Édouard III) captura le roi de France Jean II le Bon.
    • Jean II fut emprisonné en Angleterre pendant 4 ans (libéré contre une lourde rançon par le traité de Brétigny, 1360).

Le traité de Brétigny (1360) :

  • Édouard III renoncât à la couronne de France.
  • La France cédât Calais et une grande partie du sud-ouest (Aquitaine, Guyenne, Poitou, Saintonge).
  • Jean II fut libéré contre une rançon de 3 millions d’écus (équivalent à plusieurs années de revenus du royaume de France).

Deuxième phase : Le retour en force de la France (1360-1415)

1364 : Mort de Jean II le BonCharles V (fils de Jean II) devint roi de France.

Charles V (1364-1380) : Le roi qui sauva la France :

  • Réformes militaires :
    • Création d’une armée permanente (au lieu de s’en remettre aux vassaux).
    • Utilisation de l’artillerie (canons).
    • Tactique de la guérilla (éviter les batailles rangées).
  • Réformes fiscales :
    • Création de la taille (impôt permanent pour financer l’armée).
    • Développement des États généraux (pour obtenir l’accord des villes sur les impôts).
  • Stratégie : Éviter les grandes batailles et user l’ennemi par des raids et des sièges.

1369-1380 : Reprise de la guerre :

  • 1372 : Bataille de La Rochelle : Victoire française.
  • 1380 : Mort de Charles VCharles VI (surnommé “Charles le Fol” plus tard) devint roi.

La trêve de 1380-1415 :

  • Une période de relative accalmie (en raison des problèmes internes des deux pays).
  • En France : Crise de la folie de Charles VI (1392-1422) et guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons.
  • En Angleterre : Problèmes financiers et révoltes paysannes (comme la Révolte des paysans de 1381).

Troisième phase : La reprise de la guerre et Jeanne d’Arc (1415-1453)

1415 : Henri V d’Angleterre (fils d’Henri IV) relança la guerre.

La bataille d’Azincourt (25 octobre 1415) :

  • Contexte : Henri V débarqua en Normandie et pritcha Harfleur (septembre 1415). Il décida de marcher vers Calais mais fut intercepté par l’armée française.
  • Lieu : Azincourt (Pas-de-Calais).
  • Forces en présence :
    • Anglais : 6 000 à 9 000 hommes (dont 5 000 archers gallois).
    • Français : 20 000 à 30 000 hommes (majoritairement des chevaliers en armure lourde).
  • Conditions : Terrain boueux après des jours de pluie.
  • Stratégie anglaise : Henri V placca ses archers derrière des pieux pour protéger ses flancs.
  • Tactique française : Les chevaliers français chargèrent en désordre dans la boue, où ils furent facilement abattus par les archers anglais.
  • Résultat : Victoire anglaise écrasante.
    • 6 000 à 10 000 Français tués (dont 1 500 chevaliers).
    • Pertes anglaises minimes (environ 400 hommes).

Conséquences :

  • Henri V pur le traiter de Brétigny et obtint la main de Catherine de Valois (fille de Charles VI).
  • Traité de Troyes (1420) :
    • Henri V serait reconnu comme héritier de Charles VI (au détriment du dauphin Charles VII).
    • Mariage avec Catherine de Valois (1420).
  • 1422 : Mort de Charles VI et d’Henri VHenri VI (fils d’Henri V, âgé de 9 mois) devint roi d’Angleterre et de France.

La situation en 1422 :

  • La France était au bord de l’effondrement :
    • Le dauphin Charles VII (futur Charles VII) n’était pas reconnu comme roi légitime.
    • Les Anglais contrôlaient le nord de la France (dont Paris).
    • Les Bourguignons (alliés des Anglais) dominait une grande partie du pays.

1428 : Siège d’Orléans :

  • Les Anglais assiégèrent Orléans, une ville stratégique sur la Loire.
  • Si Orléans tombait, le sud de la France serait ouvert à l’invasion anglaise.

Jeanne d’Arc (1429-1431) :

  • 1429 : Jeanne, une jeune paysanne de Domrémy (Lorraine), affirma avoir reçu des visions de saints (saint Michel, sainte Catherine, sainte Marguerite) lui ordonnant de libérer la France.
  • Janvier 1429 : Elle rencontra le dauphin Charles VII à Chinon et le convaincre de lui donner une armée.
  • Avril-mai 1429 : Siège d’Orléans :
    • 29 avril 1429 : Jeanne entra dans Orléans avec des renforts et redonna courage aux défenseurs.
    • 8 mai 1429 : Les Anglais levèrent le siège après une contre-attaque française.
  • Juillet 1429 : Sacres de Charles VII à Reims : Jeanne accompagna Charles VII à Reims, où il fut sacré roi de France (légitimant son pouvoir).
  • 1430 : Capture de Jeanne : Elle fut capturée par les Bourguignons (alliés des Anglais) à Compiègne et vendue aux Anglais.
  • 1431 : Procès et exécution de Jeanne d’Arc :
    • 30 mai 1431 : Jeanne fut jugée pour hérésie par un tribunal ecclésiastique pro-anglais.
    • Accusations : Port d’habits d’homme, sorcellerie, hérésie.
    • Condamnation : Bûcher à Rouen (elle avait 19 ans).
    • Réhabilitation : 1456 (25 ans après sa mort), un nouveau procès (demandé par Charles VII) innocenta Jeanne.

1435 : Traité d’Arras :

  • Les Bourguignons se réconcilièrent avec Charles VII (abandonnant leur alliance avec les Anglais).
  • Conséquence : Affaiblissement majeur des positions anglaises en France.

1449-1450 : Reconquête française :

  • Charles VII (avec l’aide de son armée permanente et de l’artillerie) reprit la Normandie (1449-1450).
  • 1450 : Bataille de Formigny : Victoire française décisive.
  • 1453 : Bataille de Castillon : Dernière bataille de la guerreVictoire française (les Anglais perdirent tous leurs territoires en France, sauf Calais).

Impact immédiat : Les conséquences de la guerre

Pour la France

1. Le renforcement du pouvoir royal :

  • La monarchie française sortit renforcée de la guerre.
  • Charles VII (1422-1461) et Louis XI (1461-1483) centralisèrent le pouvoir :
    • Création d’une armée permanente (compagnies d’ordonnance).
    • Développement de l’impôt permanent (taille).
    • Affaiblissement de la féodalité (les grands féodaux perdirent du pouvoir au profit du roi).

2. La naissance du sentiment national :

  • La guerre renforça l’idée d’une “nation française” (au-delà des divisions féodales).
  • Jeanne d’Arc devint un symbole de la résistance française et de l’unité nationale.
  • Le français (langue d’oïl) commença à s’imposer comme langue de la royauté et de l’administration.

3. Les transformations économiques et sociales :

  • Développement des villes : Les villes (comme Paris, Orléans, Tours) prirent de l’importance.
  • Croissance du commerce : La guerre stimula l’économie (besoin d’armer les troupes).
  • Affaiblissement de la noblesse : Beaucoup de nobles furent tués lors des batailles (Crécy, Poitiers, Azincourt).

Pour l’Angleterre

1. Le renforcement du Parlement :

  • Le roi d’Angleterre devait obtenir l’accord du Parlement pour lever des impôts pour la guerre.
  • Le Parlement (composé de nobles et de bourgeois) gagna en pouvoir face au roi.

2. Le développement de l’identité nationale anglaise :

  • La guerre renforça l’idée d’une “nation anglaise” distincte de la France.
  • L’anglais (plutôt que le français, langue de la noblesse) commença à s’imposer comme langue nationale.
  • La rose devient un symbole national (inspirée par la guerre des Deux-Roses, 1455-1487).

3. La perte des territoires en France :

  • À la fin de la guerre, l’Angleterre ne contrôlait plus que Calais (qui resterait anglais jusqu’en 1558).
  • Conséquence : L’Angleterre se tourna vers d’autres conquêtes (comme l’Irlande ou les colonies d’outre-mer).

Pour les relations franco-anglaises

  • Fin des prétentions anglaises sur le trône de France (sauf pendant la guerre de Cent Ans “anglaise”, 1415-1453).
  • Début d’une rivalité durable entre la France et l’Angleterre (qui continuera pendant des siècles).
  • Développement du commerce entre les deux pays (malgré les tensions politiques).

Conséquences à long terme : L’héritage de la guerre de Cent Ans

La formation des États nationaux

La guerre de Cent Ans joue un rôle clé dans la formation des États nationaux :

En France :

  • Centralisation du pouvoir autour du roi.
  • Développement d’une bureaucratie royale (pour gérer l’impôt et l’armée).
  • Naissance d’une identité nationale (langue, culture, histoire commune).

En Angleterre :

  • Renforcement du Parlement (limitation du pouvoir royal).
  • Développement d’une identité distincte de la France.
  • Début de l’expansion maritime (qui mènera à l’empire colonial britannique).

L’évolution militaire

La guerre de Cent Ans marqua une révolution dans l’art de la guerre :

1. L’arc long (longbow) anglais :

  • Portée supérieure (200-300 mètres contre 100-150 pour l’arbalète).
  • Cadence de tir élevée (10-12 flèches par minute contre 2 pour une arbalète).
  • Effet psychologique : Les pluies de flèches terrorisaient les chevaliers français.

2. L’artillerie :

  • Premières utilisations massives de canons (à partir du XIVe siècle).
  • Bataille de Castillon (1453) : Premier usage décisif de l’artillerie dans une bataille.
  • Fin de la chevalerie : Les châteaux forts devinrent obsolètes face aux canons.

3. Les armées permanentes :

  • Fin du système féodal (où les vassaux devaient 40 jours de service militaire par an).
  • Création d’armées professionnelles (soldats payés par le roi).

L’héritage culturel

1. La légende de Jeanne d’Arc :

  • Jeanne d’Arc devint une icône nationale française.
  • Symboles :
    • La pucelle d’Orléans (libératrice de la France).
    • La martyre de Rouen (brûlée pour sa foi).
    • La sainte (canonisée en 1920).
  • Utilisation politique : Son image fut utilisée par tous les régimes français (monarchie, République, Vichy, Résistance).

2. La littérature et l’art :

  • Chroniques : Jean Froissart (chroniqueur du XIVe siècle) décrivit la guerre dans ses “Chroniques”.
  • Poésie : Charles d’Orléans (fait prisonnier à Azincourt) écrivit des poèmes sur la guerre.
  • Architecture : Développement des châteaux forts (comme le château de Chinon, où Jeanne rencontra Charles VII).

3. Les relations franco-anglaises :

  • Rivalité durable : La guerre marqua le début d’une rivalité qui dura jusqu’au XXe siècle.
  • Coopération économique : Malgré les tensions politiques, le commerce entre les deux pays continua.
  • Influence culturelle : La noblesse anglaise continua à parler français pendant des siècles (le français était la langue de la cour d’Angleterre jusqu’au XIVe siècle).

Débat historique : Pourquoi la France a-t-elle finalement gagné ?

La supériorité numérique et économique

Pour certains historiens, comme Jean Favier :

  • La France avait une population plus nombreuse (environ 16-17 millions contre 3-4 millions pour l’Angleterre).
  • L’économie française était plus forte (agriculture, commerce, villes).
  • La France pouvait mobiliser plus de ressources (hommes, argent, matériel).

La meilleure organisation politique

Pour d’autres, comme Bernard Guenée :

  • La monarchie française était plus centralisée (sous Charles V et Charles VII).
  • Le roi de France pouvait lever des impôts permanents (taille) pour financer l’armée.
  • L’Angleterre était handicapée par ses divisions internes (guerre des Deux-Roses, révoltes paysannes).

Le rôle de Jeanne d’Arc

Pour Colette Beaune :

  • Jeanne d’Arc redonna espoir aux Français au moment où la défaite semblait inévitable.
  • Elle unifia le pays autour du dauphin Charles VII.
  • Elle permit la reconquête de la France (Orléans, Reims, Paris).

Une combinaison de facteurs

La plupart des historiens s’accordent pour dire que la victoire française fut due à une combinaison de facteurs :

  • La supériorité démographique et économique.
  • La meilleure organisation politique et militaire (sous Charles V et Charles VII).
  • Le rôle symbolique de Jeanne d’Arc (qui redonna confiance aux Français).
  • Les erreurs anglaises (sous-estimation de la résistance française, divisions internes).

Conclusion : La guerre qui façonna deux nations

La guerre de Cent Ans (1337-1453) fut bien plus qu’un simple conflit féodal. Elle marqua un tournant dans l’histoire de la France et de l’Angleterre, façonnant leur identité nationale, leur système politique et leur relation future.

Pour la France :

  • Renforcement du pouvoir royal (centralisation, armée permanente, impôt).
  • Naissance d’une identité nationale (langue, culture, histoire commune).
  • Fin de la féodalité (au profit d’un État moderne).

Pour l’Angleterre :

  • Renforcement du Parlement (limitation du pouvoir royal).
  • Développement d’une identité distincte de la France.
  • Début de l’expansion maritime (qui mènera à l’empire colonial).

Pour l’Europe :

  • Fin de l’époque féodale (remplacée par des États nationaux).
  • Développement de nouvelles tactiques militaires (arc long, artillerie, armées permanentes).
  • Naissance du sentiment national (au-delà des divisions féodales).

Comme le disait Jean Froissart (chroniqueur du XIVe siècle) :

« En ces temps, la France et l’Angleterre furent comme deux lions qui se disputaient un même territoire. »

Et ce conflit entre ces deux lions façonna non seulement leur propre histoire, mais aussi celle de l’Europe tout entière.


Figures clés

NomRôlePériodeCamp
Édouard IIIRoi d’Angleterre1327-1377Angleterre
Philippe VIRoi de France1328-1350France
Jean II le BonRoi de France1350-1364France
Charles VRoi de France1364-1380France
Charles VIRoi de France1380-1422France
Charles VIIRoi de France1422-1461France
Henri VRoi d’Angleterre1413-1422Angleterre
Henri VIRoi d’Angleterre et de France1422-1461Angleterre
Jeanne d’ArcHéroïne, chef militaire1412-1431France
Le Prince NoirFils d’Édouard III, chef militaire1330-1376Angleterre
Jean FroissartChroniqueur1337-1405Neutre
La HireCompagnon de Jeanne d’Arc1390-1443France
Jean de DunoisCompagnon de Jeanne d’Arc1402-1468France

Chronologie détaillée

Période 1 : Les victoires anglaises (1337-1360)

DateÉvénement
1337Édouard III se proclame roi de France et déclare la guerre
1339Bataille de l’Écluse (victoire anglaise)
1340Siège de Tournai (victoire française)
24 juin 1340Bataille navale de l’Écluse (victoire anglaise)
26 août 1346Bataille de Crécy (victoire anglaise)
1346-1347Prise de Calais par les Anglais
19 septembre 1356Bataille de Poitiers (victoire anglaise, capture de Jean II)
1360Traité de Brétigny (fin de la première phase)

Période 2 : Le retour en force de la France (1360-1415)

DateÉvénement
1364Avènement de Charles V
1369Reprise de la guerre
1372Bataille de La Rochelle (victoire française)
1380Mort de Charles V, avènement de Charles VI
1380-1415Trêve relative (problèmes internes en France et en Angleterre)

Période 3 : La reprise de la guerre et Jeanne d’Arc (1415-1453)

DateÉvénement
25 octobre 1415Bataille d’Azincourt (victoire anglaise)
1420Traité de Troyes (Henri V héritier de Charles VI)
1422Mort de Charles VI et Henri V, avènement d’Henri VI
1428Siège d’Orléans
1429Jeanne d’Arc libère Orléans
17 juillet 1429Sacres de Charles VII à Reims
23 mai 1430Capture de Jeanne d’Arc à Compiègne
30 mai 1431Exécution de Jeanne d’Arc à Rouen
1435Traité d’Arras (réconciliation avec les Bourguignons)
1449-1450Reconquête de la Normandie
1453Bataille de Castillon (dernière bataille, victoire française)

Sources et lectures complémentaires

Sources primaires

  • Jean Froissart, Chroniques (XIVe siècle) - Récit détaillé de la guerre
  • Enguerrand de Monstrelet, Chroniques (XVe siècle) - Suite des chroniques de Froissart
  • Christine de Pizan, Le Livre des faits d’armes et de chevalerie (1410) - Traités sur la guerre
  • Procès de Jeanne d’Arc (1431) - Documents historiques
  • Procès de réhabilitation de Jeanne d’Arc (1456) - Documents officiels
  • Lettres et traités (Brétigny, Troyes, Arras) - Diplomatie de l’époque

Sources secondaires

  • Georges Duby, La France au Moyen Âge (1987) - Analyse de la société médiévale
  • Jean Favier, La Guerre de Cent Ans (1980) - Synthèse complète
  • Bernard Guenée, La France au Moyen Âge (1987) - Contexte politique
  • Colette Beaune, Jeanne d’Arc (2004) - Biographie de Jeanne
  • Christopher Allmand, The Hundred Years War: England and France at War (1988) - Perspective anglaise
  • Desmond Seward, The Hundred Years War: The English in France 1337-1453 (1978) - Récit accessible
  • Anne Curry, The Hundred Years War (1993) - Analyse militaire
  • Michael Prestwich, Armies and Warfare in the Middle Ages: The English Experience (1996) - Tactiques militaires
  • Malcolm Vale, The Origins of the Hundred Years War: The Angevin Legacy, 1250-1340 (1996) - Origines du conflit

Ressources en ligne


“La guerre de Cent Ans fut le miroir dans lequel la France et l’Angleterre se regardèrent et se reconnurent comme nations.”Georges Duby

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